Sainte-Gertrude / Saint-Géry

...paroisses de Gentinnes / St-Géry

La très sainte trinité A (07/06/2020)

Ex 34,4b…9 ; Jn 3,16-18

Les mots humains sont faibles pour rendre compte du mystère que nous célébrons aujourd’hui : Dieu Un en trois personnes. Notre Dieu est communauté. Il est Père, Fils et Esprit-Saint. Nous fêtons donc la gloire de la famille divine grâce à laquelle l’œuvre de création, de salut, de sanctification a été possible. Au fond, tout cela n’est qu’œuvre d’amour : c’est par amour que le Père crée ; c’est par amour que le Fils nous sauve ; c’est le souffle d’amour que l’Esprit nous communique pour notre sanctification.

La fête d’aujourd’hui nous donne une belle occasion de savoir qui est vraiment Dieu. Et cela, nous avons la grâce de l’entendre de Dieu lui-même qui se révèle à Moïse en ces termes : « Je suis le Seigneur », autrement dit, je suis le Maître de la création visible et invisible. Il ajoute immédiatement : « Je suis tendre et miséricordieux ». Dieu est tendre, nous voyons bien ce que cela signifie. Être tendre, c’est évidemment faire preuve de tendresse ; c’est faire passer dans ses gestes l’amour que l’on porte en soi pour un être. Et dans le cas de Dieu, l’amour qu’il porte à chacun de nous, car la tendresse de Dieu descend sur chaque personne en particulier. Cette vérité, une fois reçue, nous comprenons alors que nous devons à notre tour être tendre avec les êtres que nous côtoyons. Notre tendresse peut déjà s’exprimer par le regard. Et heureusement que la vue n’a pas fait l’objet des restrictions dues à la crise du Covid-19. Lorsque le nez et la bouche sont cachés derrière le masque, il ne reste plus que les yeux pour laisser deviner l’expression de notre visage. La tendresse exprimée par le regard consiste à contempler et à estimer la personne qui est là devant nous, en lui faisant toute confiance, en étant bienveillant avec elle ; et bien sûr en ne la jugeant pas. C’est ainsi que Dieu nous aime sans nous juger : « Je ne suis pas venu pour juger le monde, dira le Christ, mais pour le sauver ». Mère Theresa a dit un jour, « Si vous jugez les gens, vous n’avez pas le temps de les aimer ». N’oublions pas cette parole de sagesse. Elle est d’autant plus vraie que la tendresse ne peut s’exprimer que sur fond de non-jugement. Car dès l’instant où notre pensée se fait négative au sujet de quelqu’un, toute tendresse c’est-à-dire toute expression de bonté devient impossible.

Mais allons encore un peu plus loin dans la compréhension de ce qu’est la vraie tendresse. Après ce regard tendre et bienveillant qui traduit la volonté de recevoir l’autre tel qu’il est, la tendresse trouve son expression grâce au corps. Celui-ci permet de traduire la bonté d’une manière extrêmement concrète. Parce que les paroles c’est bien beau, mais elles ne valent pas grand-chose à côté d’un geste. Il suffit de contempler le Christ dans l’Évangile pour constater qu’il est un homme parfaitement tendre. Et il a su exprimer cette tendresse à travers des gestes concrets lorsqu’il était confronté à la misère humaine ; les exemples ne manquent pas :

regardez-le dans ce seul regard qu’il pose sur le jeune homme riche, sur la femme adultère, sur Marie-Madeleine ;

regardez-le faisant de la boue avec sa salive et l’appliquant sur les yeux de l’aveugle ;

regardez-le pleurant sur le corps putréfié de son ami Lazare,

voyez comme il se laisse parfumer, toucher, embrasser par notre chère Marie-Madeleine…

Voyez comme il embrasse lui-même les enfants…

Jésus n’a qu’une seule mission inscrite au programme de son ministère parmi nous : donner de l’amour et rendre heureux ceux qui en manquent.

Il est vrai, on ne peut pas vivre sans tendresse. Et c’est pour cela que Dieu, en son fils Jésus, a voulu se montrer démesurément tendre et en même temps miséricordieux. Si nous ne sommes pas miséricordieux c’est-à-dire si nous ne pardonnons pas à celui qui est là devant nous, en oubliant ce qu’il a pu nous faire de mal, nous ne pouvons pas le prendre dans nos bras et lui donner notre tendresse.

Après avoir ajouté qu’il est lent à la colère – ce qui se passe de tout commentaire – Dieu achève de se révéler à Moïse à travers ces mots lumineux : « Je suis plein d’amour et de fidélité ». Tout est dit. Cependant le mot le plus important de cette phrase est, ne nous y trompons pas, l’adjectif « plein ». Il n’y a plus de place pour le reste. Dieu dit de lui-même qu’il n’est qu’amour et par-dessus le marché fidélité dans l’expression de cet amour. On découvre là le visage de ce Père dont nous parle Saint Jean dans l’Évangile de ce jour, ce Père qui a tellement aimé le monde qu’il a envoyé son Fils, son unique Fils, et fait don de son Esprit.

Permettez-moi de terminer par le témoignage de cette jeune fille qui raconte dans son journal intime : « Dieu, je ne sais pas où il est. On m’a dit qu’il était partout. Mais moi je ne l’ai vu nulle part… A force de chercher Dieu, j’ai rencontré des gens qui le cherchaient aussi. Et ils n’ont pas su me dire où Dieu était caché. Mais ils ont eu pour moi une grande tendresse, un grand amour, une grande attention. Je me suis alors demandé : ne serait-ce pas dans cette tendresse, cet amour, et cette attention que Dieu vit ? Et depuis, comme eux, j’essaie de donner cette tendresse, cet amour et cette attention autour de moi, à tous ceux que je rencontre… »C’est notre mission à nous chrétiens : rendre Dieu présent à travers notre tendresse, notre amour et notre attention.

Dimanche de la Pentecôte 31/05/2020

Ac 2,1-11 ; Jn 20,19-23

Il est enfin là, Celui que Jésus avait promis à ses disciples avant de passer de ce monde à son père. Il est là le Défenseur qu’il a dit qu’il demanderait au Père pour ses amis. Il est là celui qui va nous sortir de nos peurs, de nos prisons, de nos tombeaux. Celui-là, vous l’avez deviné, c’est l’Esprit Saint. Si nous célébrons aujourd’hui sa venue, n’oublions pas qu’il est toujours et déjà là dans nos vies, nous l’avons reçu au baptême, nous l’avons reçu à la confirmation… Mais bien souvent nous oublions de nous adresser à lui, de compter sur lui, de lui demander de nous souffler la bonne attitude, le bon geste, la bonne parole. Nous avons aujourd’hui l’occasion de nous souvenir qu’il est toujours là, il ne demande qu’à être appelé au secours.  

Lire la suite : Dimanche de la Pentecôte : homélie

7e Dimanche de Pâques

I P4,13-16 ; Jn 17,1-11

Vous vous souvenez de cette phrase : « En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples » ; c’est la formule liturgique par laquelle la page d’Évangile des trois derniers dimanches était introduite. C’est le dernier discours que Jésus adresse à ses disciples avant d’entrer dans sa passion. C’est la toute dernière soirée qu’il passe avec ses amis. Il en profite pour leur livrer son testament, ses dernières volontés. Mais aujourd’hui, en Jn 17 la formule introductive change. On y lit : « En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit » pour indiquer qu’à la fin de son discours d’adieux, Jésus change d’interlocuteur. Il s’adresse à son père ; il le prie avant de s’engager sur le chemin de la mort. En agissant ainsi, Jésus prêche par l’exemple. Il ne dit pas clairement à ses disciples qu’il faut prier – il l’a certes déjà fait à d’autres occasions – mais il se met à prier à leur présence. C’est comme s’il voulait leur laisser sa carte de visite ou son numéro de téléphone ; comme s’il leur disait « Je ne serai plus avec vous physiquement. Mais pas de panique, vous savez comment me contacter. C’est par la prière ».

Venons-en alors au contenu de cette prière du Christ. Deux verbes et une expression retiennent en particulier mon attention :

Lire la suite : Dimanche 24 mai : homélie

6e Dimanche de Pâques 17/05/2020

1P 3,15-18 ; Jn 14,15-21

Après avoir beaucoup demandé qu’on croit en lui, Jésus poursuit son discours d’adieu – nous sommes le jeudi saint – en demandant à ses disciples de l’aimer : « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements, mon Père vous donnera un autre Défenseur ». En entendant Jésus parler ainsi, on comprend que l’amour est toujours lié à l’obéissance : aimer Jésus, c’est lui obéir en mettant ses commandements en pratique et en gardant fidèlement ses paroles.

Lire la suite : Dimanche 17 mai : homélie

5e Dimanche de Pâques A (10/05/2020)

1 P 2,4-9 ; Jn 14,1-12

« Ne soyez pas bouleversés », ce sont les paroles que Jésus adresse à ses disciples à quelques heures de sa croix pour les réconforter. Effectivement, l’atmosphère du groupe est tragique. Le maître vient d’annoncer la trahison de Juda, le triple reniement de Pierre. Il a aussi dit qu’il s’en allait et que là où il partait ses amis ne pouvaient pas le suivre. C’est sur un contexte de ce genre que le maître qui va vers sa propre mort essaie de rassurer ses amis en leur disant : « Ne soyez pas bouleversés ».  Ces paroles sont bien adaptées à notre situation actuelle. Évidemment, nous sommes tous bouleversés, et même impuissants devant ce petit virus qu’on ne peut réussir à combattre qu’en restant terrés, confinés à la maison. Notre angoisse est d’autant plus grande que nous sommes contraints à faire le deuil des personnes, de nos habitudes, voire de notre vie d’avant pour apprendre à vivre dans un autre monde dont nous ne connaissons pas encore tout à fait la configuration.

Lire la suite : Dimanche 10 mai : homélie

Calendrier

se_module_calendrier_94 - style=default - background=
<<   201908<20207 août 2020 >20209   >>202108
lun mar mer jeu ven sam dim
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            
94202008