Sainte-Gertrude / Saint-Géry

...paroisses de Gentinnes / St-Géry

3e Dimanche de Pâques A

Ac 2,14…33 ; Lc 24,13-35

 

Mercredi dernier, j’ai reçu sur WhatsApp cette petite blague très amusante : Satan qui dit à Dieu : « Avec le Covid-19, moi j’ai réussi à fermer toutes tes églises ». Et Dieu de répondre en esquissant un léger sourire de satisfaction : « Si tu savais que j’en ai ouvert une dans chaque maison ». C’est vrai que l’impossibilité de nous rassembler à l’église pour prier nous a permis de redécouvrir l’« église domestique » qu’est notre maison. Celle-ci devient en quelque sorte notre Emmaüs, c’est-à-dire ce lieu où la rencontre du Christ vivant peut avoir lieu. C’est cela la magie de la Résurrection ! Le temps et l’espace n’arrêtent plus l’action du Ressuscité ; les limites du temps et de l’espace sont désormais tombées. Toute personne peut, n’importe quand et dans n’importe quel lieu, le rencontrer comme les disciples d’Emmaüs ont eu la chance de le faire.

Ces deux marcheurs rentrent à la maison, la tête basse, le regard éteint, et ils discutent. Ils parlent de ce qui s’est passé trois jours plus tôt. Vendredi dernier, leur ami Jésus est mort. Oh, comme nous leur ressemblons ! Dans toute vie humaine, on le sait, cela arrive un jour ou l’autre, ici ou là : un grand espoir déçu, un deuil cruel, une maladie, un souci, une question insoluble… Mais Jésus est là, il est là dans leur situation si lourde, si difficile à porter ; il marche avec eux, et il s’intéresse à leur souci. C’est pareil aussi pour nous. Le Christ est avec nous sur la route ; il n’ignore rien de ce que nous vivons et portons. Mais il n’intervient pas tout de suite. Il nous laisse le temps de vider notre sac. Il nous propose une oreille attentive. Aujourd’hui, plus que jamais, on a besoin de quelqu’un qui nous écoute ; quelqu’un avec qui parler tout simplement. Un des lieux privilégiés où nous pouvons déposer ce qui nous préoccupe et nous inquiète, c’est la prière. Quand nous prions, soyons bien conscients que nous nous adressons à quelqu’un qui nous écoute, et qui a même la délicatesse de nous laisser parler sans jamais nous interrompre.

Ce récit des disciples d’Emmaüs indique que les yeux de ces deux compagnons étaient aveuglés. Ils n’ont vu de « l’affaire Jésus » que l’extérieur : le succès de son ministère, le procès, la passion, la mort ; puis, il y a le message des femmes, le tombeau vide, qu’ils évoquent au passage sans trop y croire d’ailleurs. Leurs espoirs se sont envolés. Mais l’inconnu a bien perçu le problème. Il va donner à la même « affaire Jésus » une autre interprétation que la leur. Il leur propose de projeter sur cet événement une autre lumière, la lumière de la foi, en tentant de se demander, et si Dieu était présent là où on ne l’attend pas, comme sur la croix ? Si Dieu était présent dans des situations de notre vie que nous interprétons souvent comme des échecs ?

L’inconnu propose alors aux deux amis une leçon de « catéchisme ». En partant des Écritures, il leur explique ce qui devait arriver à Jésus. La leçon est tellement intéressante que les deux auditeurs ne s’avisent pas de l’interrompre. Mais malgré cela, ils n’arrivent pas encore à le reconnaître ; ils n’ont pas non plus envie de le laisser partir tandis que le jour baisse ; comme quoi, la parole commence à faire son chemin en eux. Ils lui proposent leur hospitalité toute simple : « Reste avec nous, viens à table chez nous... » Jésus accepte l’invitation. Une fois à table avec eux, il prononce la bénédiction sur le pain, le rompt et le leur donne. C’est alors que leurs yeux s’ouvrent. Enfin, ils le reconnaissent. Aussitôt, il disparaît à leur regard. Mais il est toujours bien présent dans le pain du partage qu’il vient de consacrer et qui est là sur la table.

Chers frères et sœurs, Jésus est bien présent dans notre « église domestique », dans notre Emmaüs, sur nos chemins... Mais il ne peut vraiment être rencontré que dans la relecture des événements de notre vie à la lumière de la Parole ; nous faisons l’expérience de la rencontre avec lui dans notre hospitalité, dans le partage, bref dans les gestes de solidarité dont on s’émerveille tant ces jours-ci, à juste titre. Si cette solidarité de plus en plus intense et concrète pouvait se maintenir au-delà de cette crise, croyez-moi, le Ressuscité ne serait pas que notre convive d’un soir, mais il demanderait une chambre pour habiter dans notre Emmaüs, pour demeurer chez nous, dans notre maison.

Amen

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