Sainte-Gertrude / Saint-Géry

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Dimanche des rameaux et de la passion

05/04/2020 - Mt 26,14-27,66

 

Aujourd’hui Jésus entre triomphalement à Jérusalem porté par un âne, sous les acclamations de la foule. Il en sortira bientôt humilié, portant sa croix sous les huées. La façon dont l’histoire est racontée ne saurait nous laisser indifférent ; elle ne peut que nous choquer.

C’est l’histoire d’un homme qui n’a fait que du bien durant toute sa vie ; mais le voilà accusé et réquisitionné pour un procès injuste. Pilate ne trouve en lui aucun motif de condamnation ; et pourtant, il le livre par lâcheté aux autorités religieuses pour qu’il soit crucifié. Ses amis non plus ne lui portent pas secours : trahi par Judas, renié par Pierre, abandonné de ses disciples, il n’a personne pour le défendre ; les soldats romains le torturent et le tournent en dérision, tandis que la foule manipulée le rejette sachant bien qu’il n’est coupable de rien.

Le récit de la passion chez Mt est un récit d’un amour trahi, un amour blessé, un amour bafoué, un amour méprisé. Mais ce récit, n’est-il pas également celui qui rend visible les trahisons et les injustices dont nous sommes parfois acteurs, complices, sinon victimes ?

Mes frères, cet Évangile s’adresse à nous pour nous dire que tous nous sommes capables de trahison et d’injustice. Peut-être avons-nous déjà trahi une confiance qui nous avait été faite, peut-être avons-nous injustement imposée aux autres des croix qui les ont écrasés. Peut-être avons-nous eu un silence complice face aux situations d’injustice. Tout n’est pas perdu, cependant. Le pardon de Dieu est là qui nous attend.

Si en revanche, nous sommes dans le camp des victimes de trahison ou d’injustice, n’oublions pas que ce qui apaise et libère ce n’est pas la vengeance, ni la haine, c’est l’amour.

Quelque chose est troublant dans ce récit. Cet homme anéanti, blessé dans son corps et dans sa dignité est en même temps honoré bien involontairement par des étrangers qui lui décernent les titres les plus élevés de la religion juive. La femme de Pilate lui donne le titre de « Juste », Pilate quant à lui fait afficher sur la croix l’écriteau qui le désigne comme le « Roi des Juifs ». Enfin le titre de « Fils de Dieu » lui est d’abord décerné par pure dérision pour l’humilier : d’abord par les passants, puis par les chefs religieux qui le défient : si réellement il était le fils de Dieu, il n’en serait pas là. Mais ce même titre va lui être finalement décerné par le centurion romain, et alors il résonnera comme une véritable profession de foi : « Vraiment cet homme était Fils de Dieu ».

En accentuant ainsi le contraste entre la faiblesse du condamné et la grandeur que certains païens lui reconnaissent malgré tout, Mathieu veut nous faire comprendre ce qui est à première vue impensable, à savoir que c’est dans la faiblesse même que Jésus manifeste sa vraie grandeur qui est celle de Dieu, i.e de l’amour infini.

C’est vrai pour Jésus, n’est-ce pas également vrai pour nous ? Notre vraie grandeur ne passe-t-elle pas par la faiblesse ?

Patrick Kipasa  

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