Sainte-Gertrude / Saint-Géry

...paroisses de Gentinnes / St-Géry

2e Dimanche de Pâques A

Ac 2,42-47 ; Jn 20, 19-31

Aujourd’hui dans l’Évangile, les apôtres sont, un peu comme nous, en confinement après la crucifixion de Jésus. Mais eux, ils le sont pour une tout autre raison : ils sont terrorisés à la pensée d’une éventuelle arrestation. Ils ont peur que ceux qui se sont montrés cruels et injustes à l’égard de leur Maître s’en prennent aussi à eux. Bien que les portes du cénacle où ils étaient confinés aient été bien verrouillées, Jésus qu’ils croyaient toujours mort, était là au milieu d’eux. Il leur montre ses mains, et ses pieds, palpez-moi, leur a-t-il sans doute dit, touchez-moi, constatez que c’est bien moi.

Jésus est au centre de la pièce, rayonnant de splendeur sous les grands yeux hallucinés des apôtres. Dans un tel contexte, il est bien normal que la première parole du Christ se fasse rassurante : « La paix soit avec vous. La paix, oui la paix du cœur et de l’esprit ; soyez dans la paix » dit-Jésus. Tout simplement parce que je suis là bien vivant au milieu de vous. Vous m’avez vu cadavre, allongé, froid ; et vous me voyez droit, vivant et brûlant, brûlant d’amour. Ce premier appel de Jésus à la paix doit retentir en nous avec beaucoup de force. Dieu sait si en ce moment nous avons besoin de cette paix ; Soyons convaincus que Jésus traverse cette épreuve liée au coronavirus avec nous.

Dès son entrée dans le cénacle, Jésus offre donc sa paix aux apôtres. Très bien. Comme si cela ne suffisait pas, il recommence une seconde fois : « La paix soit avec vous ». Mais cette fois-là en ajoutant tout de suite – et la précision est d’importance – « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ». Cette parole du Christ est d’une logique implacable et elle vient de quelqu’un qui connaît bien le cœur humain puisqu’il l’a créé. Il sait qu’il est impossible d’obtenir une vraie paix, la paix de la conscience, la paix du cœur, si l’âme est captive de culpabilité et du remords causés par des actes délictueux passés ou présents. Ainsi confie-t-il à ses apôtres la joyeuse mission de pardonner les péchés, c’est-à-dire de renouveler ou plutôt de recréer l’âme humaine en y déversant son amour et sa miséricorde.

Le Christ ne veut pas que nous soyons obnubilés par nos fautes passées ou présentes. Il ne les comptabilise pas, ne les mesure pas non plus. Une seule chose l’intéresse, c’est de les détruire par son pardon de manière à ce que nous repartions dans la vie avec beaucoup plus d’élan. Mais oui, la grande joie du Christ c’est de nous sentir légers, légers, légers et joyeux dans notre conscience. Et pour ce faire, il nous pardonne tout. Absolument tout. Regardez ce qu’il fait aujourd’hui dans l’Évangile – mais c’est tout simplement incroyable ! – il vient visiter et récupérer de pauvres apôtres qui l’ont pour la plupart abandonné au moment crucial. Il aurait pu leur en tenir rigueur ou leur coller une sacrée pénitence. Eh bien Non. Tenez, il ne les confesse même pas ; il apporte tout de suite son amour. Son amour vivant qui suinte de ses mains, de ses pieds, de son front tout juste cicatrisés. Il vient ainsi redire son amour à jamais indéfectible à ses enfants apôtres à qui nous ressemblons tant, dans nos audaces et dans nos lâchetés. Il me semble que les apôtres sont psychologiquement bien préparés à accomplir le ministère du pardon, parce qu’ils sont eux-mêmes des pécheurs pardonnés, que dis-je, des compagnons toujours aimés malgré leur péché. Jésus n’arrête pas d’accorder inlassablement son amour et son pardon aux enfants imparfaits que nous sommes.

Aussi puisque nous célébrons en ce 2e dimanche de Pâques, la fête de la Divine Miséricorde, reprenons conscience que Jésus compte sur nous tous pour vivre de son amour et de sa miséricorde et pour donner son amour, son pardon, sa miséricorde au monde, cet amour qui se décline bonté, indulgence, compréhension des situations et des êtres. C’est ça la miséricorde : bonté, indulgence, compréhension.

Frères et Sœurs, en ce jour où nous nous extasions devant la Miséricorde de Dieu pour son enfant l’homme, renouvelons notre manière de penser et d’agir. Soyons des hommes et des femmes, non de jugement, mais de compréhension, estimons toute créature, ainsi nous établirons la paix dans ce monde qui en a tant besoin.

Amen  

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